Bac Ha - Lao Cai

Partir à l'étranger me protège, j'aime être loin, m'absenter. C'est du recul en plus, de la distance. Éviter le désamour. Un désaveu peut-être.

Jours de pluie à Bac Ha

Il y a des pluies où le ciel a l'air de pleurer de joie...

L'influence est une nourriture.

Face à la nourriture, le corps ne sait rester neutre ; il est prêt à toutes les folies, à toutes les fantasmagories.Il rôde autour de la table une vague pulsion scopique : je regarde (je guette ?) sur l'autre les effets de la nourriture...

Là où je suis...

Dans les rues vides. J'avance doucement, le corps dense et entier. Je l'éprouve entièrement, comme jamais auparavant sans doute – sauf à l'heure de ma naissance peut-être, le premier passage-
Ethnie Hmong Bleu,

Ô Hmong Bleu!

Je crois aux visages comme on croit aux cartes géographiques. On peut y lire en surface la composition des sols, l'atmosphère des régions, les jungles intérieures...Les visages révèlent la réalité interne des êtres.

Tâtonnements...L'identité est une négociation perpétuelle avec les milles soi qui sont en nous...

Les routes n'émergent pas du sol au hasard des semences. Comme moi, elles ont leurs origines. Origine illusoire puisqu'une route n'a jamais de véritable commencement, puisqu'à chaque croisement se sont rejointes d'autres routes qui viennent d'autres origines....Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais éprouvé de véritable appartenance. Etrange d'ailleurs qu'avant ce jour, je n'aie guère consacré de temps à la trajectoire, à l'aventure des miens. Mais ce mutisme fait aussi partie de mon héritage ( mon identité est adossée à une mythologie que je vénère comme si elle était porteuse de vérité)

Ô Sapa...

" Les phénomènes de la vie peuvent être comparés à un rêve, un phantasme, une bulle d'air, une ombre, la rosée miroitante, la lueur de l'éclair et ainsi doivent-ils être contemplés." Le Bouddha
Sapa comme Refuge, cet endroit flou, humide et hors du monde...J'y accroche mes rêves en couleurs sur les murs suintants et de les regarder pendre par les pieds comme des chauves-souris...

Vers le Nord...

Sentiment de perdre pied au milieu de toutes ces vies, au milieu de tous ces ancêtres dont ma famille n 'avait pas gardé de souvenir. Plus question de "refiler" cette malle, je suis l'ultime station avant l'oubli, avant que la chaîne des âmes s'evanouisse...En l'absence de tous temoins, je suis obligée de tâtonner, de spéculer, un amalgame que j'aurais préferer éviter mais alors comment aurais-je pu compenser autrement les silences des miens???
Hanoï - Sapa...

La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu'en avant.

On mesure l'intelligence d'un individu à la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter. Kant
Hanoï me transcende

O Hanoi...

Que tes angles droits restent droits meme s'ils sont moins confortables...Parcourir enfin la ville avec des yeux d'adulte...Hanoi me donne le vertige, perdue dans ce cahos de klaxons, lumieres, odeurs,humains...j'ai l'impression que mes cellules reagissent a ce retour...

L'annee du Tigre...Chuc mung nam moi...

Nouvel an vietnamien...Aujourd'hui le vietnam et je ne veux pas de filtre entre ce monde et moi...Finies les journees barricadees, hachees menu, cisaillees...Je vais pouvoir gouter le Temps-Illusion, tel qu'il est, tel qu'il passe , lentement et fugitivement...

Bangkok - Hanoi

Premiers pas dans un nouvel Ailleurs...Hanoi

La cuisine, c'est comme l'amour, on y pénètre avec abandon ou pas du tout.

L'homme ne pourra jamais cesser de rêver. Le rêve est la nourriture de l'âme comme les aliments sont la nourriture du corps.

'' Soyez realiste, demandez l' impossible ''

Bangkok. Centre d'art contemporain...


Les élans du cœur: Crois-moi les choses bêtes, ce n'est pas toujours pas si bête



Le voyage me demande d'être vigilante à tout ce qui se passe, se voit, se ressent, se vit, s'assume, à ces instants présents, anodins, mais présents.